Salaire des enseignants français : une stagnation qui creuse l’écart avec l’Europe (OCDE 2024)
Le rapport 2024 de l’OCDE dresse un constat alarmant sur la situation des enseignants français. Entre 2015 et 2023, leur salaire réel n’a augmenté que de 1 %, contre 4 % en moyenne dans les pays membres. Cette stagnation, combinée à des conditions de travail dégradées, exacerbe les difficultés de recrutement et fragilise le système éducatif.
Un
écart salarial criant avec l’Europe
Un
enseignant français débute sa carrière avec un salaire annuel de
30 935
€,
bien loin des 61 457
€
en Allemagne ou des 81 080
€
au Luxembourg. Après
15 ans d’exercice,
l’écart
atteint 15 % sous la moyenne de l’OCDE.
Cette sous-valorisation financière
s’accompagne
d’une
perte de prestige du métier,
autrefois considéré
comme un pilier de la République.
Des causes multiples pour la CGT
La situation est aggravée par des mesures gouvernementales qui fragilisent encore davantage les enseignants : jours de carence, diminution de l’indemnisation de l’arrêt maladie, suppression de la GIPA (Garantie individuelle du pouvoir d’achat), gel de la valeur du point d’indice, et absence de mesures salariales dans le budget 2025. Ces décisions, perçues comme une stigmatisation des enseignants, organisent une dégradation continue de leur pouvoir d’achat
Une
crise de recrutement sans précédent
En
2023, seulement 68 % des postes au CAPES ont été pourvus, avec des
pénuries particulièrement marquées en mathématiques et dans les
zones rurales. Pour pallier ces manques, le recours aux contractuels
a explosé : ils représentent désormais 12 % des effectifs, contre
8 % en 2015. Ces enseignants, souvent non formés, peinent à assurer
une continuité pédagogique de qualité. « On demande à des
novices de gérer des classes surchargées sans accompagnement »,
déplore un responsable syndical.
Un
système éducatif sous tension conséquences des politiques
ultralibérales conduites par Macron
Les
conséquences de cette crise sont palpables : classes surchargées,
cours non remplacés, et une baisse du niveau des élèves français
dans les classements internationaux (PISA). Les inégalités se
creusent, notamment dans les zones défavorisées, où les
établissements doivent recourir à des solutions d’urgence, comme
la fusion de classes ou des fermetures temporaires.
La situation est aggravée par des mesures gouvernementales qui fragilisent encore davantage les enseignants : jours de carence, diminution de l’indemnisation de l’arrêt maladie, suppression de la GIPA (Garantie individuelle du pouvoir d’achat), gel de la valeur du point d’indice, et absence de mesures salariales dans le budget 2025. Ces décisions, perçues comme une stigmatisation des enseignants, organisent une dégradation continue de leur pouvoir d’achat. Cette absence de revalorisation salariale et de considération aggrave la crise de recrutement qui persiste dans l’Éducation nationale, fragilisant encore plus le service public d’éducation.Entre 2020 et 2023, les démissions ont augmenté de 40 %, et 25 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les cinq premières années
Quelles
solutions ?
Pour
la CGT Éduc’action, des solutions existent : renoncer aux
suppressions de postes, alléger les effectifs par classe, assurer
les remplacements, et recruter davantage de personnels dans les
équipes pluriprofessionnelles. La dégradation des conditions de
travail et la perte de sens du métier doivent être prises au
sérieux. La formation continue saccagée, l’inclusion sans moyens
et les effectifs pléthoriques contribuent à aggraver la situation.
Académie de Toulouse
François PRAT
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